IGAS :Les politiques sociales décentralisées - Rapport annuel 2007-2008
14 € papier
Année d'édition : 2008
Réf. : 9782110073907
176 pages, 16x24 cm
ISBN : 978-2-11-007390-7
Le champ social, "cœur de métier de l'IGAS", recouvre une réalité largement décentralisée. En puisant notamment dans les réflexions issues de ses missions successives, l'IGAS analyse le paysage issu de la décentralisation, la mise en œuvre des politiques sociales, décentralisées et ses difficultés, et s'interroge sur la redéfinition du rôle de l'État dans ce nouveau contexte. Le rapport retient plusieurs axes d'analyse et formule quelques pistes d'évolution, notamment sur la pertinence d'une organisation par blocs de compétence, l'évaluation et le contrôle des politiques sociales décentralisées, la redéfinition du rôle et de l'organisation de l'État. Les annexes proposent de précieuses informations complémentaires : répartition législative des compétences décentralisées ; délégations de compétences entre collectivités locales ; compensation financière initiale des compétences transférées ; inégalités de ressources entre collectivités territoriales et péréquation ; configurations ministérielles depuis 1982 dans le domaine social...
Le rapport annuel de l'Inspection générale des affaires sociales est entièrement consacré aux "Politiques sociales décentralisées". Si l'élaboration de ce document, qui dénonce le "modèle illusoire des blocs de compétences", a été lancée il y a plus d'un an, sa publication n'en constitue pas moins un pavé dans la mare, à l'heure des travaux du comité Balladur sur la réorganisation des collectivités.
"Envisager [...] un découpage des compétences selon des thématiques d'intervention (personnes handicapées au département, formation à la région, par exemple) serait en lui-même peu pertinent, puisque les différentes politiques ainsi identifiées s'adressent à des publics qui peuvent être concernés par plusieurs d'entre elles." Le rapport thématique 2007-2008 de l'Igas, consacré aux "Politiques sociales décentralisées", est sans ambiguïté sur ce point : "l'idée de compétences homogènes et aux frontières stables et étanches semble difficile à concevoir pour les politiques sociales."
Cette position va à l'encontre d'une idée communément admise et qui a largement présidé aux réformes introduites par l'acte II de la décentralisation. Les tenants de la thèse des blocs de compétences sont d'ailleurs nombreux parmi les collectivités territoriales et au sein du Comité pour la réforme des collectivités locales présidé par Edouard Balladur et installé par le chef de l'Etat le 22 octobre dernier. Ils mettent notamment en avant des objectifs de lisibilité et de rationalité. Mais le rapport de l'Igas juge cette répartition des compétences en fonction des publics visés "peu opérante" dans le secteur social et médicosocial, dans la mesure où les problématiques sont souvent étroitement imbriquées. Il relève également la montée en puissance, depuis plusieurs années, des prestations "hybrides" associant des interventions et des intervenants de nature différente.